Situation après la destruction du camp de Sangatte

RomsEn 2002, le camp de réfugiés de Sangatte dans le Nord-Pas-de-Calais, a été fermé. Dix ans après où en est-on ? Quelle est la situation des migrants ?

Des premiers réfugiés à la fermeture

C’est en 1997 qu’arrivent les premiers Roms, refoulés d’Angleterre, ils s’installent à proximité de l’entrée du tunnel sous la Manche, ils sont une quarantaine. C’est le début d’une situation inextricable. Deux ans plus tard, un centre d’hébergement, dont la gestion est confiée à la Croix-Rouge, voit le jour alors que les associations s’occupent des réfugiés refoulés à la sortie des ferries. La situation au Kosovo pousse les populations à s’exiler et de nombreuses personnes se rendent à Calais où elles errent entre camps provisoires et jardins publics. Les conditions de vie dans le camp sont difficiles, les 25 000m² du hangar qui les accueillent sont compliqués à chauffer, la promiscuité y est permanente. Les CRS veillent à l’entrée du camp, 2400 repas par jour sont distribués, 16 000 étrangers auraient transités par le camp en seulement un an. Les associations et bénévoles abattent un énorme travail en organisant la distribution de repas, de vêtements et affaires de toilettes. Le camp est également une sorte de protection pour les réfugiés, certains ont été victimes d’agressions xénophobes. Le camp de Sangatte, en plus de son but humanitaire, maintient également l’ordre public en évitant que les réfugiés squattent les villes de Sangatte et Calais. Mais en 2002, les gouvernements français et britannique annoncent la fermeture prochaine et définitive du camp de Sangatte…

La fermeture, il y a 10 ans et depuis… ?

La fermeture du camp de réfugiés de Sangatte n’a en aucun cas résolu le problème de l’immigration, d’après les associations locales la situation ne s’est pas améliorée. De nouveaux migrants (Afghans, Irakiens, Kurdes…) se présentent tous les jours avec l’espoir de passer en Angleterre. Ils s’abritent dans un bois non loin de la ville, les associations continuent la distribution de repas chauds, 600 à 700 chaque jour. L’errance est plus importante qu’avant la fermeture, la ville voit défiler des migrants sous la pluie et dans le froid, l’après-Sangatte a été désorganisé, fait d’improvisation et de solidarité. L’Etat ne s’intéresse plus vraiment du sort de ces exilés, il n’y a plus de camp donc plus de problèmes. La fermeture du camp n’a été accompagnée d’aucune solution concrète en matière de politique d’asile. Cet hiver des bénévoles ont distribué des sacs marins étanches contenant des affaires de toilettes et un duvet. En l’absence d’hébergement, la dispersion des migrants est conséquente, l’aide humanitaire a donc du mal à atteindre tous les réfugiés, l’isolement les rendant plus vulnérables. Il y a un mois une collecte de baskets a été lancée, « Ils font de grandes routes et arrivent à Calais avec des chaussures usagées, il y a un gros besoin sur les baskets ». Dix ans après, la situation à Sangatte n’a guère évolué, les migrants sont livrés à eux-mêmes, dormant dans des cabanes, sous des ponts, mais bénéficiant de l’important soutien d’associations et de bénévoles.

Photo : Alexey Klementiev – Fotolia

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